Le chemin des oiseaux

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J’arrive de vacances. J’ai eu l’occasion entre autres de lire un livre écrit par un ami de Québec : Le chemin des oiseaux. Il y rapporte entre autres que la peur est une condition commune vécue par l’humanité. Tous les êtres humains ont peur. Peur de ne pas être le premier, peur d’être le dernier, peur de la différence, peur de la trop grande beauté, peur de la laideur, peur de se tromper, peur de perdre de l’argent, peur de ne pas en faire, peur d’un changement des conditions connues, peur de l’inconnu, peur d’être malade, peur d’être guéri (ça amènerait un changement inconnu…), peur de déménager, peur de perdre un être cher, peur de ne pas être aimé, peur d’aimer, peur de la baisse des prix du poulet, peur de la disparition des quotas…

La peur fait peur. Par contre, la peur est extérieure à nous. Lui laisser la place nous paralyse ou nous fait agir de toutes sortes de mauvaises façons souvent inconscientes : violence, agressivité, prise de pouvoir, obsession, fuite, vengeance, etc.

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À suivre sur le radar!

Un solide gestionnaire doit suivre attentivement ce qui se passe sur sa ferme et prendre les bonnes décisions pour en assurer la rentabilité. Mais il ne faut pas perdre de vue que l’avenir d’une entreprise peut aussi être influencé par des évènements qui se déroulent à l’autre bout de la planète. Voici un bref tour d’horizon de quelques éléments à surveiller au cours des prochains mois.

L’EUROPE ET LA CHINE

L’économie mondiale tourne au ralenti. Et certains facteurs menacent d’aggraver davantage la situation. À l’heure actuelle, le plus grand risque est la conjoncture dans la zone euro. Continuer la lecture de À suivre sur le radar!

L’agriculture du futur

Source: John Deere

Une formation gratuite en administration et gestion, c’est possible!

Une rencontre avec Pascal Thuot, de la ferme Mycalin, administrateur relève 2011 à La Coop Profid’Or

La gestion et l’administration en entreprise sont les clés du succès… mais acquérir de l’expérience pratique en affaires prend plusieurs années. Profid’Or voulait offrir aux gestionnaires d’entreprise agricole la possibilité d’apprendre en accéléré les différents enjeux de la gestion d’une importante entreprise coopérative. Pendant un an, Pascal Thuot, de Saint-Alexis, a acquis une expérience pratique d’administrateur sans avoir à aller sur les bancs d’école.

La Coop Profid’Or : Pascal, est-ce qu’il y a des éléments qui t’ont surpris en arrivant à ce poste? Continuer la lecture de Une formation gratuite en administration et gestion, c’est possible!

Reprendre une ferme, des jeunes vous expliquent pourquoi (vidéo)

Réalisé par Ulaval.tv.

Je travaille la terre pour vous.

Un vidéo de la Fédération de la relève agricole du Québec, FRAQ.

Alimentation locale et importation au Canada

Un court vidéo sur les importations d’aliments au Canada.  En anglais seulement.

L’agriculture de 2029, l’affaire des gens! (Suite)

Maurice Doyon

La réponse est claire selon les réponses des participants à notre sondage maison. Oui, l’agriculture sera un secteur vivant chez-nous dans 20 ans. En compagnie du prof. Maurice Doyon de l’Université Laval à Québec, regardons ce que l’avenir nous réserve… selon vous.

Une tendance des dernières années touche la grosseur des entreprises. Selon les répondants, il y a deux catégories : de grosses fermes comptant entre 1000 et 1500 acres et des fermes de moins de 500 acres. « Aux États-Unis, il n’y a plus de moyennes entreprises. On semble se diriger vers ce modèle-là chez-nous. Qui opéreront les « petites » entreprises? Des gens qui effectuent un retour à la terre et des « gentlemen farmers » sans doute. Ce qui a provoqué la plupart des changements de taille des entreprises agricoles, ce sont les normes de production. Prenez l’exemple des refroidisseurs pour le lait. Quand ils sont arrivés, plusieurs propriétaires ont abandonné la production laitière. Ceux qui ont poursuivit ont grossi les entreprises. C’est ce que les nouvelles normes vont provoquer. Les transformations ne seront pas drastiques cependant », proposait monsieur Doyon.

Ce qui frappe le plus, ce sont les attentes élevées au niveau des gains technologiques. « L’agriculture a connu une hausse sur ce plan comme aucun autre secteur d’activités semblable. Les producteurs de lait s’attendent à produire plus de lait; les producteurs de maïs veulent plus de tonnes à l’hectare, alors les producteurs de porc et de volaille anticipent de meilleurs taux de conversion. Ceci traduit encore l’optimisme des agriculteurs », exposait le prof. Les robots de traite pour les producteurs laitiers semblent l’ave nue du futur selon tout près de la moitié des personnes interrogées, un indice d’un important bouleversement. « Les charges de travail seront grandement modifiées, les producteurs laitiers deviendront davantage des gestionnaires. »

Sur le plan des finances, le ciel ne nous tombera pas sur la tête. Les répondants croient en une croissance modérée du prix des terres, des intrants et des carburants. Beaucoup croient que les biomasses profiteront à l’agriculture. « On sent bien la confiance dans cette réponse. Oui on attend une hausse importante du diesel, mais on croit également que les nouveaux carburants limiteront la hausse des coûts », suggérait le spécialiste en économie agricole.

Malgré la menace qui plane sur le système de contingentement, les producteurs d’oeufs, de lait, de poulet de chair continuent de croire en ce système. Même les producteurs de porc y songent. « Si vous prenez le cas des producteurs de poulet, ils s’attendent à une diminution des barrières tarifaires. Pourtant, ils entrevoient une hausse du prix du quota. Ils croient que la consommation de cette viande poursuivra sa croissance », expliquait-il. Une utopie? « Absolument pas. Cette viande a une empreinte écologique favorable. De plus, leur taux de conversion est le meilleur. Les producteurs de volaille ont raison de croire en l’avenir », soutient Maurice Doyon.

Dans le futur, la menace des États-Unis et des Sud-Américains tracasse les producteurs de chez-nous, avec raison selon monsieur Doyon. Par contre, ces préoccupations, comme beaucoup d’autres, sont influencées par les événements des dernières années ; l’Organisation mondiale du commerce et la hausse du pétrole et des intrants. Aurons-nous la même façon de penser dans cinq ans? « Il serait intéressant de vérifier », concluait le prof. Doyon. À dans cinq ans alors…

Par Stéphane Payette

L’agriculture de 2029, l’affaire des gens!

L’agriculture lanaudoise connaîtra ses changements au cours des 20 prochaines années. Nous vous avons demandé quelle était votre vision. En voici un aperçu.

Production végétale

D’ici à 2029, à combien estimez-vous la grosseur moyenne des fermes?

Moins de 500 acres 4,34 %

De 500 à 1000 acres 47,8 %

De 1000 à 1500 acres 30,4 %

De 1500 à 2000 acres 13 %

Plus de 2000 acres 4,34 %

La production moyenne au Québec est de 8000 kg de maïs à l’hectare en 2009. Quel niveau atteindra-t-elle en 2029?

9000 kg 21,7 %

10 000 kg 30,4 %

11 000 kg 17,3 %

Plus de 12 000 kg 30,4 %

Selon vous, combien débourseront les producteurs de grandes cultures pour acquérir un acre de terre en 2029?

Plus de 4 000 $ 22,7 %

Plus de 5 000 $ 22,7 %

Plus de 6 000 $ 45,4 %

Plus de 7 000 $ 4,5 %

Plus de 10 000 $ 4,5 %

Le coût de production représente plus de 1 500 $ l’hectare pour le maïs. À quel niveau s’élèvera-t-il dans 20 ans?

1 800 $ 21,7 %

2 000 $ 21,7 %

Plus de 2 000 $ 47,8 %

Autre : 8,7 %

Quel sera le plus féroce compétiteur de l’agriculture québécoise en 2029?

Les États-Unis 30,4 %

Les pays de l’Amérique du Sud 34,7 %

L’Europe 8,7 %

Autre : Asie 4,3 %

L’agriculteur lui-même 4,3 %

Les coopératives 4,3 %

Production laitière

D’ici 2029, à combien estimez-vous la grosseur moyenne des troupeaux laitiers?

Moins de 50 têtes 4,5 %

De 50 à 100 têtes 72,7 %

De 100 à 200 têtes 4,5 %

De 200 à 300 têtes –

Plus de 300 têtes –

La production moyenne au Québec est de 27 litres de lait par vache par jour. En 2029, sera-t-elle de…

30 litres 36,3 %

35 litres 54,5 %

40 litres 9 %

Autre :

Au Québec, le nombre d’UTP (unité travail-personne) est de trois par ferme. Dans 20 ans, quel sera ce nombre?

Moins de 3 9 %

3,5 50 %

4,5 36,3 %

5,5 4,5 %

Plus de 6 –

Le mode de traite prédominant en 2009 est la traite manuelle en stabulation attachée. En 2029, quel sera ce mode?

Attaché avec des retraits automatiques 27,2 %

Salon de traite 27,2 %

Robot de traite 40,9%

Robot de traite « Léo » 4,5 %

Le prix d’un kilogramme quota s’élève actuellement 23 899 $, avec un plafond de 25 000 $. En 2029 il atteindra?

30 000 $ 18,1 %

25 000 $ 45,4 %

5 000 $ –

Il n’existera plus 27,2 %

Autre : 9 %

Production avicole

La grosseur d’une ferme avicole en 2029 ressemblera à quoi?

50 000 à 75 000 poulets à griller 42,8 %

75 000 à 150 000 poulets 57,2 %

150 000 à 200 000 ? –

Le quota sera-t-il toujours en place en 2029?

Oui 100 %

Non

Si le propane devenait hors de prix, quel moyen gagnerait la faveur populaire selon vous?

Les biomasses (plantations de saule, de chanvre, la panic érigée, etc.) 71,4%

Électricité 28,5 %

Les barrières tarifaires vont-elles résister aux assauts des 20 prochaines années?

Oui 42,8 %

Non 57,2 %

L’aviculture a-t-elle un avenir au Québec?

Oui 100 %

Production porcine

La moyenne de porcelets sevrés par truie par année est actuellement de 24. En 2029, ce nombre atteindra?

26 –

27 28,5 %

30 71,43 %

Le taux de conversion en engraissement des fermes porcines au Québec est de 2,52. À quel niveau se situera-t-il dans 20 ans?

2,45 14,3 %

2,32 42,8 %

2,28 42,8 %

La grosseur moyenne d’une ferme porcine est de 250 truies naisseurs-finisseurs. Quelle sera la tendance des 20 prochaines années?

275 à 300 –

350 à 400 14,3 %

Plus de 450 71,4 %

Des élevages sur trois sites 14,3 %

Les biocarburants ont eu un impact sur le coût des intrants en production porcine. Le prix d’une tonne de maïs atteignait 220 $ il y a quelques mois. Ces fameux carburants auront quel impact sur le prix de la tonne de maïs?

200 à 250 $ la tonne 28,5 %

250 à 300 $ la tonne 28,5 %

Plus de 300 $ la tonne 42,8 %

Sur le plan des finances. La moyenne de la durée des prêts est de 15 ans. En 2029, elle sera de?

10 ans 14,3 %

20 ans 28,5 %

30 ans 42,8 %

Plus de 30 ans 14,3 %

Par Stéphane Payette

Un avenir sous le signe de la planification

Yvon Forget avec son fils Olivier (à gauche) et son neveu Marc-André

2029? Quelle bonne question! À la Ferme Forget 2001, le sujet tombe à point. La relève des frères Yvon, Louis et Patrice songe à s’intégrer à l’entreprise du chemin Des Hauteurs de Saint-Jérôme. Le débat des idées était intéressant lors de l’entretien des agriculteurs avec Le Progrès, le 13 novembre dernier. Oui, il y aura des changements. Pas à n’importe quel prix et de n’importe quelle manière.

Pour Yvon, le casse-tête est entier. « C’est difficile de prévoir où l’agriculture va nous emmener. C’est clair que tu dois investir sinon tu recules. Le problème, c’est que tu n’as pas le même retour quand tu investis un million de dollars en agriculture que tu aurais dans la construction par exemple », lançait le doyen.

Son fils Olivier et son neveu Marc-André veulent établir leurs bases en agriculture et ils sont conscients des risques liés à une telle décision. « Il faut se diversifier, c’est clair », lançait Olivier. « Oui, mais il faut tout d’abord optimiser ce que l’on a », répliquait Marc-André. Ce dernier croit même que les fermes des années futures devront faire leur propre recherche et développement si elles veulent demeurer au plus fort de la lutte.

Actuellement, les Forget exploitent une ferme laitière pourvue d’un quota de 132 kg/jour. À cela s’ajoute 310 hectares en culture. Les entrepreneurs sont unanimes que pour poursuivre l’aventure, ils devront augmenter leur production. Ils croient que d’ici à 2029, ils produiront au moins 200 kg par jour de matières grasses. Avec un peu de collaboration de leurs voisins, ils croient qu’ils pourraient augmenter leurs cultures de 100 hectares.

Les conditions gagnantes seront un engagement ferme des partenaires, des politiques favorables à l’agriculture et une restructuration des modes d’emprunts. Les Forget sont terre-à-terre quant à l’avenir de l’agriculture. Il faudra demeurer passionné pour persévérer dans ce métier.

Par Stéphane Payette